Philippe
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posté le 2006-07-08 à 00:34:41
Monter a bord de JoJo, c’est toucher à l’histoire…..
Celle d’un homme passionné d’aéronautique
Passionné tout simplement
Un homme qui a souhaité vivre debout jusqu’au dernier souffle.
Qui a tant donné aux plus humbles …………….
Le temps n’a pas de prise aux Marquises certes mais celui qui rongeait Jojo avait commencé à faire son ouvrage sans respect des services rendus sous l’immatriculation F-ODBU.
Vaillant petit bi moteur traçant une route rapide dans le cadre d’une Evasan, portant courrier ou médicaments sur les terres si éloignées de Tahiti.
Monter a bord de Jojo, ça serre le cœur
Quand on laisse ses mains toucher les commandes que Jacques Brel a si souvent tenues, quand on s’assied en place gauche en laissant venir a soi ses musiques en vibrant de ses paroles tout en ne perdant pas l’idée très aéronautique qu’au milieu du Pacifique la plus belle des musiques devait être celle des moteurs.
Monter a bord de Jojo, c’est une chance que j’ai eu voici bientôt quinze ans ….. Aujourd’hui, savoir qu’il a retrouvé sa livrée d’origine et une superbe qu’il méritait me fait chaud au cœur ……Brel quand il écrivait avait le cœur au bord des lèvres et ses mots parlaient si bien de la vie de ces îles des hommes des femmes et de leur terre qui ne laisse jamais indifférent.
La Polynésie lui rendu si bien, il reste aujourd’hui sa sépulture non loin de celle de Gauguin, il reste ses chansons et prolongement de ses mains décharnées, le manche de Jojo où je le vois encore pilotant assis de guingois coiffé d’un casquette et parlant fort et clair dans la radio
Cet avion a un supplément d’âme, il ne sera jamais plus tôles et rivets …… il parle de grains, de vent traversier et de ce manque de brise. Mais il ne parle pas de la mort …… Le vent qui a frôlé ses ailes était trop pur, trop humain………………
Les Marquises – Jacques Brel 1977
Ils parlent de la mort
Comme tu parles d'un fruit
Ils regardent la mer
Comme tu regardes un puit
Les femmes sont lascives
Au soleil redouté
Et s'il n'y a pas d'hiver
Cela n'est pas l'été
La pluie est traversière
Elle bat de grain en grain
Quelques vieux chevaux blancs
Qui fredonnent Gauguin
Et par manque de brise
Le temps s'immobilise
Aux Marquises
Du soir montent des feux
Et des pointes de silence
Qui vont s'élargissant
Et la lune s'avance
Et la mer se déchire
Infiniment brisée
Par des rochers qui prirent
Des prénoms affolés
Et puis plus loin des chiens
Des chants de repentance
Des quelques pas de deux
Et quelques pas de danse
Et la nuit est soumise
Et l'alizé se brise
Aux Marquises
Le rire est dans le cœur
Le mot dans le regard
Le cœur est voyageur
L'avenir est au hasard
Et passent des cocotiers
Qui écrivent des chants d'amour
Que les sœurs d'alentour
Ignorent d'ignorer
Les pirogues s'en vont
Les pirogues s'en viennent
Et mes souvenirs deviennent
Ce que les vieux en font
Veux tu que je dise
Gémir n'est pas de mise
Aux Marquises
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